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Les News !

Reporter Sans Frontière Piraté

Tout d'abord je tiens à m'excuser (au nom des admins) pour l'absence d'activité depuis ces quelques temps. En effet, Je suis moi-même en période de concours, et Pandore suis le même cursus, donc beaucoup de travail à la clé! Nous réalisons donc le service minimum sur le site à savoir la modération et quelques petites taches, mais c'est difficile de poucoir participer. Mais d'ici quelques temps tout cela devrait être rentré dans l'ordre ;) .

Vous avez donc entendu parlé, sûrement, de tout le battage médiatique autour des JO de pékin. Non? Et bien nos chers confrères chinois du web sont particulièrement bridés: quand ils cherchent quelquechose, c'est le gouvernement qui autorise les résultats! Et même notre bon ami Google n'a pu se défaire de cette censure, sous peine d'interdiction du site sur les réseaux chinois... Ainsi quand vous cherchez "communisme" ou "Tien'anmen", vous obtenez toue une liste de résultats que nos amis chinois n'ont pas, tout bonnement car cela ne correspond pas aux valeurs du pouvoir en place, donc ils le cachent. Mais cela ne s'arrête pas là, et il n'est pas rare d'envoyer des journalistes en prison (ou au peloton d'exécution !) pour des idées contraires au régime. En résumé: Tout ce qui n'est pas explicitement autorisé est interdit.

Après ce petit historique, revenons aux faits: RSF ne s'est pas caché d'actions pronant le boycott des JO 2008 qui auront lieu à Pékin (Troubles lors des passages de la flamme olympique, banderolles sur Notre Dame de Paris et sur le pont du Golden Gates de San Francisco, etc...) Et comme par hasard, un petit groupe de hackers chinois vient d'être démasqué pour avoir inséré un code malicieux sur la page d'accueil de RSF. Rien que ça! En fait il y avaient inséré un lien menant vers une fausse image, qui se chargeait d'exécuter un script téléchargeant un cheval de Troie.


Plus d'infos sur le topic concerné.
Et sur le SiteduZéro qui a recensé l'attaque très tôt.

Même CNN en a aussi pris pour son grade récement par la même équipe, qui ne compte pas s'arrêter là d'après les sources.


Cette news a été écrite par SpyBen le 22/04/08Il y a 5 Commentaires sur cette news

Yahoo : Je veux bien sortir avec toi, mais pas au MacDo

Depuis une semaine exactement on attendait la réponse de la bergère (Yahoo) à la proposition du berger (Microsoft), qui lui proposait de s'unir. La réponse vient d'être dévoilée par le "Wall street journal". C'est non. Plus exactement : c'est non au prix proposé par Microsoft. Mais si Microsoft remet la main à la poche, alors ce sera oui.

Même si l'information n'est pas encore officielle, on peut la tenir pour sûre. Le Wall street journal est en effet le titre le plus réputé du monde, surtout en matière financière. Quand il écrit, comme il y a exactement trois quarts d'heure "selon une personne familière du dossier", on peut être certain que cette personne n'est pas le secrétaire du patron de Microsoft qui aurait écouté aux portes, ou qui se serait photocopié le dossier. C'estprobablement un des directeurs généraux de Yahoo, si ce n'est Jerry Yang lui-même. A ce niveau, et pour un achat de cette importance (40 milliards de dollars, environ 30 milliards d'euros), les fuites sont toujours très soigneusement organisées.

On se doutait bien que Yahoo n'allait pas sauter dans les bras d'une entreprise dont elle est l'exact opposé. Mais on savait aussi que Yahoo n'a guère d'autre possibilité. On a beaucoup évoqué une alliance avec Google, dans laquelle Yahoo utiliserait, contre une somme très rondelette, le moteur de recherches et le système publicitaire de Google. Mais la domination de Google sur ce marché (plus de 60%) est telle qu'un procès antitrust aurait immédiatement été intenté - et Microsoft, pour une fis dans le rôle de la victime, s'yconnaît en procédures antitrust.

Quant à la venue d'un "chevalier blanc" - une troisième entreprise qui aurait aidé Yahoo à ne pas se faire racheter par Microsoft en la rachetant elle -, elle était trèsimprobable. La crise financière qui se dessine aux Etats-Unis rend très difficile les emprunts. Or combien d'entreprises -hormis Microsoft - ont dans leurs caisses plusieurs dizaines de milliards de dollars. D'ailleurs, même Microsoft avait annoncé qu'il ne pourrait sortir tout l'argent de sa poche et qu'il lui faudrait, pour la première fois de sa vie, emprunter.

Yahoo ne peut donc écarter totalement l'offre de Microsoft. On remarquera d'ailleurs que son argument - qui devrait être publié demain dans une lettre à Steve Ballmer - n'est pas tellement sur le fond que sur le montant. A 31 dollars par action, "l'offre sous-évalue considérablement Yahoo", explique la même "personne familière du dossier". Cela signifie que si l'offre était sensiblement relevée - le Wall street journal donne le chiffre de 40 dollars au lieu de 31 -, alors les dirigeants de Yahoo trouveront que, finalement, c'est une proposition sympathique. Cela s'appelle, en français, faire monter les enchères.

Que peut faire Microsoft ? N'ayant pas eu, cet après-midi, d'appel de Steve Ballmer, je l'ignore. Il me semble que Microsoft a probablement anticipé la demande d'un "petit supplément". Qu'il soit près à payer 35, 38 ou 40 dollars ne change pas significativement les choses. Ce qui compte, pour Steve Ballmer, c'est de mettre la main sur un des plus grands réservoirs de contenu et d'adresses mail du monde. La fusion échouera peut-être. Mais elle n'échouera pas pour 5 dollars de plus ou de moins dans les caisses. Mon hypothèse est donc que Microsoft va râler, pour le principe, dire qu'on le met sur la paille, mais payer les 40 dollars et mettre en marche le rouleau compresseur de la plus grande fusion de son histoire.

A bientôt pour la suite du film.


Cette news a été écrite par Dr Info le 9/02/2008Il y a 3 Commentaires sur cette news

Yahoo-Microsoft, chapitre 448 (+ brèves)

Rachat de Yahoo par Microsoft. Lundi en fin d'après-midi à Paris (heure du déjeuner à New-York, du petit-déjeuner chez Microsoft ou Yahoo, qui habitent la côte ouest), voici la position des combattants. Il semble que les dirigeants de Yahoo, qui n'ont aucune envie de se faire racheter et encore moins par Microsoft, organisent la contre-attaque. Ils sont aidés par Google : Eric Schmidt (le patron de Google) a téléphoné à Jerry Yang (Yahoo), l'assurant qu'il ferait son possible. Google ne peut pas lui-même racheter Yahoo (il se retrouverait en situation de monopole, et le rachat serait du coup interdit par les lois antitrust). Mais Google peut très bien dire à Yahoo : "renoncez à votre moteur de recherches, laissez-nous nous occuper de la pub sur votre site, et pour le reste vivez votre vie." Si une telle formule se mettait en place, Google pourrait alors payer d'avance -ou s'engager à payer sur x années - des revenus de pub garantis à Yahoo. Ce "loyer garanti" rendrait les comptes de Yahoo plus attrayants, lui permettant ainsi d'aller emprunter à la banque et de monter plus facilement une contre-offensive.

Une petite rixe a opposé, en marge de la bataille pour Yahoo, les dirigeants de Google et Microsoft. Avant-hier, un directeur de Google écrit sur le blog de l'entreprise que Microsoft est vraiment incroyable, cette volonté de monopoliser, d'être incapable d'inventer lui-même et de racheter au prix fort les vrais inventeurs. (Le reproche est juste, mais venant de Google, qui sur le marché d'Internet est précisément en situation de monopole, c'est un peu limite). Donc le lendemain les juristes de Microsoft publient une réponse outragée, disant que Google est vraiment ahurissant, que pour la "situation de monopole" c'est celui qui dit qui l'est, et de citer des chiffres, oh le vilain Google etc etc.

Une des choses intéressantes dont on a peu parlé et que Google a expliqué en présentant ses derniers résultats financiers (ceci n'a rien à voir avec l'affaire Yahoo), c'est que lui, Google, a en ce moment un vrai problème avec les sites sociaux commeMySpace ou Facebook. Il n'est pas encore arrivé à trouver des formules de pub efficaces. Nous disposons de peu de détails. mais il semble que Google ait du mal à combiner l'ambiance très particulière qui règne sur un site social avec les formats de pub classiques. Par exemple, surMySpace , dont Google a obtenu la pub en exclusivité contre une garantie de plusieurs centaines de millions de dollars, il semble que Google n'arrive pas à obtenir assez de clics pour rentrer dans son argent. A cette difficulté s'en joint une autre : les sites sociaux, qui disposent évidemment de nombreuses informations sur leurs membres, n'ont toujours pas trouvé comment rentabiliser ces informations sans franchir les limites de la vie privée. Souvenez-vous de l'essai malheureux, il y a quelques semaines, de Facebook - qui proposait une pub sur le thème "votre ami X a acheté ceci dans tel magasin, pourquoi pas vous ? - alors que l'ami X n'était pas au courant. Cette difficulté à "monétiser" les sites sociaux est en ce moment un sacré frein à leur développement.

En examinant d'un peu près les comptes d'Apple, certains financiers ont calculé (par différence entre ce qui avait été produit et ce qui avait officiellement vendu) combien d'iPhones avaient été déverrouillés et vendus sur le marché noir. Le chiffre est légèrement inférieur à un million d'exemplaires (pour 4 millions d'iPhones produits). Du coup, certains reporters sont allés se poster devant les magasins Apple de New-York. ils ont observé des dizaines de personnes, souvent originaires d'Asie, convoyés en minibus par des grossistes, qui achètent chacun dans la limite maximale de ce qui est permis (deux iPhone en général). Pour Apple, cela fait une différence essentielle. En effet, la firme deCupertino gagne non seulement sur le prix des téléphones (c'est son métier), mais aussi sur les abonnements. Le marché noir (on dit en ce moment "marché gris", pour faire moins grave) représente donc une perte importante. Mais s'agissant d'un millions d'appareils, et non pas seulement de quelqueshackers, Apple peut difficilement appliquer un blocage trop rigoureux.

(en photo, un montage que je trouve assez inventif de Anthony Sigalas, membre de Flickr dont on peut trouver à cet endroit le travail. Les possesseurs de Mac n'auront peut-être pas identifié ce fond d'écran : c'est le standard de Windows.)
Cette news a été écrite par Dr info le 04/02/2008Il y a 0 Commentaires sur cette news

Fusion de l'année, deuxième

Bonjour. Tout va bien pour vous ? Prêts à entendre à nouveau parler de l'offre d'achat faite par Microsoft aux dirigeants de Yahoo (et j'ai peur que ce ne soit pas la dernière fois...) ? Pour essayer d'y voir clair, je vous propose un petit état des lieux en cinq questions - réponses.

1/ Pourquoi Yahoo va-t'il mal ?
Parce qu'il n'a pas vu venir le danger du côté du moteur de recherches. On pourrait croire qu'au fond ce n'est pas si difficile, de faire un bon moteur. Il suffit d'acheter de gros ordinateurs et de trier soigneusement tout ce qui existe sur le web. Dans la pratique, c'estahurissamment plus difficile. Gérer un parc de serveurs comme celui de Google n'est pas dix fois plus plus compliqué que gérer un parc dix fois plus petit : c'est dix mille fois plus compliqué. Il semble que Google, quelque part dans les années 2002-2003, air franchi un seuil et qu'il soit (aujourd'hui en tout cas) impossible de le rattraper sur ce terrain. Or la recherche est aujourd'hui l'usage le plus commun aux internautes. Dans cette course, être deuxième n'a pas grand sens. Si j'utilise le "deuxième" moteur de recherches au lieu du premier, je n'ai pas des résultats "autres", j'ai des résultats moins bons et moins nombreux. Yahoo ne disposant plus de ce pilier, il ne peut séduire les annonceurs.

2/Pourquoi Microsoft veut-il s'encombrer d'une entreprise qui va mal ?
Microsoft repose sur deux piliers, qui tous les deux se lézardent. Premier pilier, le système d'exploitation (Vista, Windows XP) : marché sur lequel il est déjà miraculeux que Microsoft - grâce à des pratiques discutables - ait pu rester si longtemps en situation de monopole. Deuxième pilier, les logiciels de la série Office (Word, Excel et compagnie), pour lesquels plus aucune innovation n'est possible, et qui au surplus sont concurrencés par les logiciels gratuits du web (Google Documents, par exemple). Il faut donc, si Microsoft veut continuer à générer des bénéfices colossaux, d'autres marchés juteux. Il a cru, un moment, les trouver dans le jeu et les consoles. Mais il s'est rendu compte que ce secteur, si intéressant soit-il, restera limité. Au contraire, internet, et en particulier la pub sur internet, offre des perspectives quasi-illimitées. Dans le mail qu'il a envoyé hier à ses employés, Steve Ballmer a été très clair : "Cette année, la publicité sur le net a représenté 40 milliards de dollars; en 2010, ce seront 80 milliards. Il y a là, pour nous, une occasion unique de croissance",explique-t-il. On ne saurait être plus clair. Or Microsoft ne dispose que d'un moteur de recherches (www.live.com) assez médiocre, donc assez peu utilisé. Il espère qu'en combinant ses forces avec celles de Yahoo, il pourra concurrencer sérieusement Google.

3/A 45 milliards de dollars le paquet-cadeau, c'est une stratégie coûteuse...
Microsoft n'a pas d'autre solution. C'est une entreprise de programmeurs, très hiérarchisée, où les gens restent longtemps et sont relativement âgés. La plupart travaillent dans un endroit charmant (Redmond, à l'extrême nord-ouest des Etats-Unis), mais éloigné de tout - en particulier de la Silicon Valley. Cela ne favorise pas l'innovation. Microsoft a d'ailleurs l'habitude de ne pas innover. Il a passé vingt ans à manquer les idées nouvelles, puis à les rattraper une fois qu'elles bourgeonnaient, en rachetant ou en asphyxiant les véritables innovateurs. C'est ainsi qu'il a fait son entrée dans le monde d'Internet, en tuant le n°1 de l'époque (Netscape ). Sa conduite aujourd'hui n'est pas si différente. Il rachète un petit innovateur (Yahoo) pour attaquer un grand innovateur (Google). Quant on n'a pas assez d'idées, il faut avoir de l'argent et de la détermination : Microsoft a l'un et l'autre.

4/ Jusqu'à présent, quelles ont été les réactions à l'offre de Microsoft ?
- Du côté de Yahoo, à l'heure où j'écris, rien mais tendance plutôt négative. Steve Ballmer a téléphoné mercredi soir à Jerry Yang (le patron de Yahoo) pour l'informer qu'il ouvrait les hostilités le lendemain matin première heure. Yang ne lui a pas sauté dans les bras. Mais rien d'officiel.
- Du côté de la bourse, réaction plutôt négative. L'action Microsoft a baissé. Les investisseurs ne croient pas trop à la viabilité de cette union.
- Du côté des publicitaires, réaction assez positive. Plusieurs grosses agences ont expliqué qu'elles n'aiment pas avoir un seul gros fournisseur (Google); elles préféreraient qu'il y en ait deux à se faire concurrence. Donc si Microsoft-Yahoo se révèle une affaire viable, les publicitaires s'en serviront pour faire baisser les prix chez Google.
- Du côté de la presse, tendance réservée. "Une enchère géante qui montre combien le géant est usé" dit finement le New-York Times. "Deux entreprises qui ont échoué et qui se rapprochent pour se tenir chaud" analyse durement le Financial Times.
- Du côté des internautes et des blogueurs, tendance assez hostile. Pour beaucoup, Microsoft représente une culture froide, bureaucratique, qui débouche sur des produits lourds et peu innovants. Yahoo semble bénéficier d'une grande cote de sympathie, surtout auprès d'internautes anciens, qui l'ont connu il y a dix ans et ont fait leurs premiers pas chez lui.

5/ Quels sont, domaine par domaine, les forces de l'un et de l'autre. Quels services peuvent rester ou disparaître ?
Yahoo dispose d'une marque nettement supérieure (en tout cas auprès du grand public). Sa page d'accueil à elle-seule reste un des plus beaux emplacements, une des plus belles adresses du web. Par comparaison, Microsoft utilise simultanément deux marques -msn.com (sa page d'accueil) et live.com (son moteur de recherches) -, dont aucune ne porte son nom, et même trois marques si on compte son service d'emails : hotmail.com . Cela fait beaucoup. Si la fusion se fait, on peut penser que la vitrine restera sous la marque Yahoo. Les deux moteurs de recherches seront évidemment fondus en un seul, qui bénéficiera de leur forces respectives. De même que la vente d'espace aux publicitaires. Certains services où Microsoft est notoirement meilleur (par exemple les cartes) seront apportés au nouveau site. Mais dans l'ensemble, la suprématie de Yahoo est évidente :qu'on pense aux jeux en ligne, très populaires; à la remarquable page yahoo-finance; ou aux excellentes questions-réponses de yahoo-answer. Un service particulièrement sensible sera Flickr, qui stocke 2 milliards d'images. Microsoft-Yahoo essaiera évidemment d'éviter la dispersion et la fuite chez Google de cette très précieuse communauté.


Cette news a été écrite par Dr Info le 02/02/2008Il y a 2 Commentaires sur cette news

Yacrosoft ! ou Microhoo ?

Tôt ce matin (heure américaine), Microsoft a proposé aux actionnaires de Yahoo de racheter leurs actions à 31 dollars pièce , prix considéré comme élevé, puisqu'hier soir l'action Yahoo cotait 19 dollars. Si les actionnaires de Yahoo acceptent, Microsoft aura réalisé, pour 45 milliards de dollars, le plus gros achat de son histoire. Depuis plusieurs jours, les mauvaises nouvelles s'accumulaient sur Yahoo. Les résultats financiers étaient médiocres. La stratégie que présentait le pdg Jerry Yang était jugée floue. Une première vague de licenciements était annoncée cette semaine, pour dégrossir un personnel de toute évidence pléthorique. Le moral des troupes était au plus bas. Leniveau boursier de l'action plongeait. C'est, très habilement, le moment qu'a choisi le prédateur Microsoft pour lancer son offre.

A vrai dire, il y avait déjà eu, fin 2006 et début 2007, une tentative de rapprochement. Des rendez-vous discrets dans des hôtels avaient permis aux dirigeants des deux groupes de se rencontrer. Mais il semble que Jerry Yang - qui a créé Yahoo, puis qui a été mis sur la touche puis qui est redevenu patron en juin dernier - ne souhaitait pas ce rapprochement. Il préférait, dit-on, croire que Yahoo se sauverait tout seul grâce au projet "Panama", basé sur un moteur de recherches capable de concurrencer celui de Google. Mais le projet Panama a fait long feu. Le moteur de recherches Yahoo a continué à perdre des parts de marché. La pub a évidemment suivi. Et nous en sommes là.

C'est bien la pub, en effet, qui est l'enjeu de cette colossale bagarre. Grosso modo, on peut dire que cette pub se présente sous deux formes : la pub ciblée, et la pub d'image. La pub d'image, ce sont les beaux bandeaux, ou les belles vidéos, qui présentent des produits à très grande diffusion (les voyages, les voiturs, etc) ou les entreprises elles-même (Société Générale, une banque ultra-moderne, etc.). Pour attraper ce genre de pubs, Google a réussi l'an dernier le coup du siècle, puisqu'il a acheté l'agence Doubleclick, qui en est le leader mondial; Yahoo, qui était aussi candidat, s'est fait souffler l'affaire sous le nez. Quant à la pub ultra-ciblée, tels les petits messages en trente mots qui vous lisez dans la colonne de gauche du Noob.com, ou bien à côté de vos résultats de recherche sur Google, eh bien ils dépendent évidemment de la puissance du moteur. A nouveau, donc, avantage à Google.

Il faut remarquer que Microsoft est exactement dans le même cas que Yahoo. Lui aussi a essayé de se lancer à l'assaut de Google, et surtout du marché de la e-pub, et lui aussi s'est cassé les dents. Sa seule chance de rester dans la course est donc soit d'améliorer très vite son service (il n'en semble pas capable) soit d'acheter un concurrent, pour se rapprocher du No1. Ce qu'il fait. De l'avis de Steve Ballmer, la patron de Microsoft, qui vient ce matin d'envoyer une lettre au conseil d'administration de Yahoo, si la fusion se fait, elle permettra 1 milliard de dollars d'économies. (C'est ce qu'on appelle des économies d'échelle; il est bien évident, en effet, que certains frais sont "en double", et qu'ils disparaîtraient si on ajoutait les deux entreprises).

Le pari pour Microsoft est colossal. Si la fusion se fait, c'est une grosse partie de sa cagnotte qui y passe. Mais quelle sera, ensuite, la réaction des clients de Yahoo. Vont-ils passer avec armes et bagages chez un fournisseur qui a souvent mauvaise presse ? Les deux équipes d'ingénieurs vont-elles vraiment s'ajouter, ou bien aussi se nuire ? La culture des deux firmes est très différente. Chez Microsoft, une culture de la programmation, sérieuse, méthodique, pointilleuse, basée sur une organisation du travail rigoureuse. Chez Yahoo au contraire, une culture de la Silicon valley, assez cool, assez fun, pas toujours très organisée mais créative.

On attend maintenant la réaction de Jerry Yang et des autres dirigeants de Yahoo. Soit ils mettent les pouces, reconnaissent que leur stratégie a échoué, et conseillent à leurs actionnaires de vendre. Alors, dans six mois, Yahoo sera un morceau de Microsoft. Soit ils refusent de céder la place. Auquel cas Steve Ballmer, le patron de Microsoft, a prévenu qu'il emploiera la manière forte. Il achètera les actions tout seul, à la bourse, et quand il aura la quantité suffisante, il débarquera à l'assemblée générale des actionnaires et virera les actuels dirigeants. Cela prendra juste quelques semaines de plus.

Dans ce genre d'affaire, les dirigeants de l'entreprise attaquée ne peuvent être sauvée que par une troisième entreprise ("un chevalier blanc") avec qui ils s'entendraient pour faire monter les enchères et pousser Microsoft au renoncement. Fort bien. Mais en ce moment, qui au monde va parier un kopeck sur les dirigeants de Yahoo ? Qui va leur tendre la main ? A très bientôt pour la suite du film.


Cette news a été écrite par Dr Info le 02/02/2008Il y a 4 Commentaires sur cette news

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